Première lettre d'Irien Démester

Curieux Tacine,
Je réponds à ton invitation et te livre tels quels les souvenirs qui restent encore solidaires de ma trame-mémoire.
Pour ma part, tout a commencé sur Dizir IV, planète perdue aux confins du système de Malifry, qui ne doit sa dénomination de planétoïde qu'aux mines d'ultra-cuivre noyautant les sous-sols. Méta-usines et monstronefs d'exploitation, tel fut le décor que mes oreilles ont pu percevoir pendant trop d'unités temporelles locales. Et oui, étant né aveugle, l'ouïe est le seul sens qui me permit d'être à égalité avec un citoyen impérial standard !
J'appris la Celestzik avec mon maître en toutes choses, le dénommé Déotek, chantre de la mélopée versatile, archange de la gamme dyoclisienne, adorateur du minibeat et, enfin, prophète éclairé de l'omnizik suprême. Dans ces conditions, tu comprendras qu'il me fut difficile de ne pas succomber à la virtuosité d'un tel professeur qui m'ouvrit tout grand les portes d'un univers musical sans précédent. J'étais comblé !
C'est au cours de ma trente-cinquième année que Déotek disparut de sa trame, emporté trop rapidement par la rouille-mort. Je ne m'étendrais pas sur les affres de cette maladie, mais saches que Déotek n'a pas franchi ce cap aussi paisiblement qu'il le méritait. Orphelin de coeur, je quittai par la suite Dizir IV pour transmettre au vaste empire les clés secrètes que Déotek m'avait enseignées...
Je fus réellement servi quant à la mégavastitude de l'Empire !!! L'art de Déotek était si achevé que je n'eu aucun mal à me greffer auprès de protecteurs avides de jouer les mékèns, afin de tromper l'ennui si caractéristique qui peut régner chez les puissants. Il faut croire que ma renommée fut grande puisque même Son Omni-Altesse Shtélani la Cinquième accepta de me recevoir le temps d'une année sur Prima. Après un tel séjour, tu peux me croire, la perspective de retourner jouer l'archao-trubadur auprès de petits princes prétentieux me laissa de glace.
Et c'est toi, curieux Tacine, qui fut le premier à me parler des Traceurs alors que j'atteignais avec effort ma cent quatre-vingt-cinquième année. Toute une vie remplit d'honneurs, et surtout de Celestzik ! La fin de ma trame approche, je le sens, et même la science des Modi-Teknos n'y pourra rien. Et puisqu'il me reste tout de même quelques décennies standards, je souhaite approcher un Traceur, quelque puisse en être les risques. Comme tu l'as deviné, c'est la Celestzik qui me servira de carte, d'appât et de laissez-passer. Enfin, je l'espère...
Voilà, ce fut un peu bref mais après tout, l'essentiel y est ! Je ne manquerai pas de suivre les trames accessibles depuis ta Toile afin d'y puiser les méta-infos indispensables à ma folle quête, et j'y ajouterai mes propres découvertes si leur pertinence résonne jusqu'à toi.
Que l'Omnizik reste en ton coeur !
Irien Demester
(Emis de MGL47, route galactique en supraformation)

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