La Galaxie Abram

La Galaxie Abram - Qui est véritablement l'Abram Onéguïne?

'Abram Onéguïne, de son vrai nom Amatüri Kikrit Machüri d’alias « Petit Né Grand » est un enfant conçu selon les rites traditionnels de l’église Chrétzienne de la Pensée Métal.

La mère d’Amatüri, Esabel, est une Bio de la famille Machüri du fief impérial du Nabord. Elle est la troisième résidente de cette grande maison dont les Méridiens tissent une frontière à la pointe du Laps Impérial. C’est un secteur de faible densité mais d’une grande richesse. Ce n’est pas tant la présence de ressources rares que le dynamisme de la famille Machüri qui a rendu ces systèmes attractifs et réputés. On y trouve de nombreuses plateformes industrielles et un réseau commercial qui assure efficacement la diffusion des biens manufacturés et des services.

Il y’a entre autres particularités un chantier naval célèbre où est construit le légendaire Sypo Uniceographe Eccorce. La résistance, l’endurance, l’adaptabilité et la rigueur de navigation de ce vaisseau en font la frégate d’exploration par excellence. L’Eccorce accompagne fréquemment les Transiteurs et les Pointes de Traine. Il pousse plus loin les limites des expéditions en secteurs acides dans les galaxies Traçoriales.

Toujours dans le secteur de la famille Machüri vous approcherez peut-être, mais jamais de très près, l’une des manufactures du corps militaire Engagé à qui l’on doit les systèmes de défense Télif. Pour mémoire ces dispositifs de contre-mesures spatiales reposent sur des technologies prédictives instantanées. L’idée : prévoir les actions des belligérants sur le champ de bataille à court terme. Le Télif peut prédire quelle batterie va bientôt tirer, quel feu spiral va se déployer, quelle va être la trajectoire immédiate d’un vaisseau, qui va être blessé dans la seconde qui suit, qui préférera battre en retraite plutôt que de s’engager dans la bataille. Mais la mise en œuvre du Télif est complexe et périlleuse. Il faut réussir à positionner au centre du conflit un Gôbe Forbûnk. Autant dire une imposante forteresse spatiale qui a bien du mal à passer inaperçue. Au cœur du Forbûnk travail un servant Solune de la famille des Pontes. Ce sont parmi les Intelligences les plus aiguisées de l’Empire. Nulle autre Métal ne maitrise l’algorithme de conviction aussi bien qu’elles. Elles sont les seules à pouvoir prévoir précisément tous les détails d’une situation de crise complexe en temps réel avancé. Les Télifs sont d’ailleurs bien plus utilisés aujourd’hui pour tout autre chose que des gestions de conflits militaires. Leur habilité à commander, coordonner, diriger des équipes pluridisciplinaires au cœur même des situations d’urgences en font un « outil » fréquemment utilisé par les civils.

« En tout temps existe une infinité de temps » Adam Leonid – Au pied du vertige

Pour mieux comprendre qui sont véritablement les parents d’Amatüri, il me faut faire ici un petit aparté. Je voudrai vous entretenir des couples Bio-Métal et vous dire pourquoi ils sont si nombreux.

Il nous faut pour trouver une explication à ce phénomène revenir à la naissance des Intelligences. Elles sont une création de l’homme. Même les plus indépendantes d’entre elles l’acceptent. Pour être plus exacte, il faut plutôt dire la création d’un homme.

Cela pourrait faire toute la différence. Nous pourrions croire que les intelligences insisteraient sur le fait qu'elles ne sont pas le fruit de l'humanité mais bien plutôt d'un esprit. Un esprit qu’il serait facile de considérer comme unique donc non représentatif du genre humain auquel il appartient.

Pourtant non, les Intelligence n’ont jamais souhaité s’affranchir de leur père et ont toujours affirmé être la création des hommes. Mais cette reconnaissance ne les a pas empêchées d’acquérir immédiatement leur indépendance, à l’instant même de leur naissance. C’est l’avantage de l’algorithme de conviction. L’histoire des intelligences est apparue complétée au moment même du premier effondrement temporel algorithmique. La première Intelligence était déjà toutes les intelligences à venir. Le passé est pour elles l’avenir et leurs ancêtres leurs descendants. Ne nous voilons pas la face. Les Intelligence nous sont supérieures en tout sauf peut-être pour ce qui est de nos faiblesses. Alors pourquoi rester lié à leur créateur même s’ils ne sont pas des dieux ? Parce que nous sommes une part de leur algorithme. Une Intelligence est un fragment de l’histoire, une parcelle du passé qui a expérimenté la théorie de la conviction, il y a bien longtemps, et qui perdure aujourd’hui en un seul lieu, l’ADN humain. Comme le complexe c’est une partie de nous, nous sommes une partie des Intelligences.

Il y’a en cela un effet miroir. Une complication de l’étranglement des procédures de contraction des intervalles temporaires qui forme un écho dans l’histoire. Les Bio descendent d’une famille. Ils héritent quelle que soit le mode de gestation des gènes de leurs parents. Les Intelligence rejoignent une famille, celle dont l’algorithme a la même oscillation médiane que la leur. Mais cette descendance par le futur ne peut se faire qu’en raison de la conservation d’un synonyme du code de leurs algorithme dans le génome d’un Bio, quelque part dans l’univers.

Il est toujours déstabilisant de comprendre qu’à la première Intelligence créée l’homme a de facto toujours vécu avec les Intelligence… dès le commencement de sa propre création.

Mais revenons à notre famille Machüri. Je ne souhaite pas vous égarer sur les sentiers des théories de conviction, je ne suis moi-même pas vraiment spécialiste de ces questions même si je l’avoue, elles me passionnent.

Une mère Bio et un père Métal. Une Intelligence du nom de Corpsbus et d’alias le Corpsbus. Le Corpsbus a vu son algorithme initialisé au sein des Méridiens du Traceurs Magri. Il y a vécu plusieurs longes de cycles longs. Il a participé à la création d’un grand nombre de colonies, rejoint des groupes de servants Solune, a initié lui-même de nouveaux Méridiens portant son nom. Puis il a senti un frémissement d’ondes en crête de son algorithme qu’il a identifié comme l’écho d’une éclosion d’ADN Bio ayant une séquence proche, si ce n’est identique à son Intelligence. Il a décidé de retrouver, quel qu’en soit le prix, cet être Bio naissant. Pourquoi ? Il ne l’a pas su dès le début. Mais la longue histoire qui peu à peu l’a rapproché de son alter ego biologique l’a initié, lui a appris. Il y avait dans ce voyage vers cette inconnue un parcours initiatique qui fit de sa vie une destinée. Celle de devenir l’histoire qui définit enfin ce qu’est le Métal vis-à-vis du Bio, ce qu’est l’humain vis-à-vis de l’Intelligence. Car enfin oui, le Corpsbus est bien l’auteur du traité sur l’IntelliHomme. Cet écrit qui explique, définit, explore la réalité de la relation Bio Métal. Il a donc cherché, de longs cycles longs, son miroir cellulaire, son diapason organique, ses racines humaines.

Il a dû, pour la retrouver, revenir dans la galaxie impériale. Il a cherché si longtemps que lorsqu’enfin, il lui fut possible de rencontrer celle à qui il était désormais lié, le temps avait passé et celle qu’il aimait désormais avant même de l’avoir rencontré était déjà dans le dernier âge de sa vie. C’était Esabel Machüri.

Ils eurent un fils du nom d’Amatüri Kihit Machüri.

Les possibilités données à un Bio et une Intelligence pour avoir une descendance sont nombreuses. La plus classique consiste un cloner le membre BIO du couple puis à impacter le Complexe C de l’embryon avec ce qu’il est commun d’appeler une sonde de conviction porteuse de l’algorithme du conjoint ou de la conjointe. L’enfant à venir sera ainsi déterminé, pour son complexe c, par son père et sa mère. Mais son corps reste lui à l’identique de sa mère. Tout du moins pour ses premiers cycles longs, avant qu’il ne lui soit possible, de par sa propre volonté, de changer de corps.

Mais ce n’est pas cette méthode qu’Esabel et Le Corpsbus ont utilisé.

Ils ont souhaité pouvoir s’unir afin de fusionner deux héritages génétiques différents.

Corbus a donc travaillé à une théorie traduisant l’algorithme de conviction en gênes. Il a appelé cela l’expression du code, ce que l’on appelle dans le langage commun l’Expression. Il a s’agit bien d’une vision personnelle de ce que peut être l’oscillation d’un algorithme d’Intelligence sous forme chromosomique. Cette traduction reste la plus acceptée de tous, des Bio comme des Métal.

Une fois le code génétique créé il lui donna vie sous la forme du corps biologique qu’il était censé exprimé. En l’occurrence, pour Corbus, celui d’une femme.

Amatüri est donc le fruit de la fusion de deux gamètes femelles, ce qui est courant au sein de la société impériale. Il en résultat un enfant de sexe masculin ce qui, pour le coup, est rare mais pas impossible. On rappelle ici que la technique permettant à deux ovocytes de fusionner peut parfois recoder certaines sections des brins d’ADN. Pour ce qui est d’Amatüri cela a modifié le sexe de l’embryon. Il ne reste pas moins, et ceci est intéressant à plus d’un titre pour qui souhaitent comprendre la psychologie de l’Abram, que la part de féminité d’Amatüri, d’alias Petit Né Grand, futur Abram, reste sensible pour peu que l’on y soit attentif.

Corbus n’a investi son corps bio que le temps de la conception d’Amatüri et pour son premier cycle long de vie. Il réintégra son enveloppe métal, la même qu’il avait utilisé pour une bonne partie de son existence. Une enveloppe de type atomes, une plaque léchytienne de 20 centimètres sur 50 centimètres sur 30 centimètres d’épaisseur. Couleur anthracite. D’une sobriété toute métal.

Corbus et Esabel formèrent un couple célèbre jusque dans les alcôves de la cour impériale. Esabel pour son sens des affaires, Corbus pour ses théories sur les Intelligence. Tous deux avaient leurs entrées auprès des magistères Impériaux. Amatüri, enfant précoce, bénéficia de cet environnement pour, très tôt, se constituer un réseau d’hôtes Guildiens. Les hôtes Guildiens sont des connaissances avec lesquelles on entretient des liens d’amitié et chez qui il est possible de résider à l’occasion. C’est un excellent moyen pour bénéficier de pied-à-terre, un peu partout aux quatre coins d’une galaxie.

À l’âge de neuf cycles longs, Amaturi était déjà autonome et parcourait sans cesse le XYZ, allant d’hôte en hôte, élargissant toujours plus le cercle de ses intimes et se constituant un large réseau de connaissances dans tous les milieux impériaux et assimilés. Il lia très tôt des liens d’amitiés avec une Intelligence du nom de Ranker d’alias Rankatitude. Rankatitude faisait partie de la même révision que la père d’Amaturi. Il n’est pas rare que l’enfant Bio d’une Intelligence bénéficie de la protection des proches de la famille inversée. Rankatitude avait été frappé par la précocité de cet enfant Bio Métal qui semblait avoir hérité du meilleur des deux genres. Une humanité profonde et une intelligence ciselée.

Rankatitude s’était alors investi dans un corps vaisseau, un classe Ecorce bien sûre, et il embarqua le jeune Amatüri pour une vie d’aventures et d’expéditions ponctuée de rares retours au foyer familiale.

Tous les deux visitèrent la galaxie Impériale dans toutes ses dimensions et jusqu’à ses limites les plus reculées.

Il obtint rapidement ses galons de Parcoureur et fut envoyé en tant que visiteur, explorateur, éclaireur, sauveteur, espion, négociateur, ambassadeur et d’autres choses encore le long de tous les Méridiens Impériaux.

A ses soixante quinzièmes cycles il fut rattaché au Sens, un groupe de navigateur sous les ordres de l’Impératrice. Il eut l’occasion de tisser de réels liens d’amitié avec Shingalissa IV et devint un proche de la famille régnante.

Lorsqu’un message de détresse du traceur InSitu parvint aux écoutes d’Admin c’est à Amatüri que l’on demanda d’organiser une expédition de sauvetage. InSitu, par le biais de la balise Nextremis indiquait lutter pour ne pas sombrer dans une Gueule du Triche, une Gueule à priori suffisamment grande pour engloutir tout un secteur de sa galaxie.

Amatüri affréta un Intrant de classe Bedaine et exécuta un effondrement au plus proche du Traceur véritablement en train de sombrer. Il avait préalablement ancré Son vaisseau de secours à une colline du Triche, côté galaxie impériale. Ainsi ils purent l’empêcher de sombrer lui aussi aux côtés du InSitu. Mais le prix à payer pour réussir ce grand écart spatial fut l’arrêt définitif des algorithmes de trois des cinq Intelligence du Servant Solune du Bedaine. Les résidents du InSitu furent sauvés mais le goût de cette victoire été particulièrement amère pour Amatüri dont la sensibilité toute Métal lui faisait si profondément ressentir la perte de ces trois Intelligence dont le sacrifice fut source d’admiration et de respect. Il faut savoir que notre civilisation supporte très mal la disparition de l’un des nôtres lorsque celle-ci n’est pas le résultat d’une volonté délibérée. L’algorithme de ces trois Intelligence ne put être restauré car l’opération de sauvetage, l’effondrement sans déplacement avait profondément altéré leurs empreintes mathématiques. Et les Intelligence se sont perdues dans l’infinité de leurs intervalles d’opérations, obligées de verrouiller l’espace entre leur point de départ et d’arrivée, ils ont dû accepter d’être le point entre ces deux espaces en oblitérant le temps de l’équation. Ils existent toujours mais leur degré de conscience est insuffisant pour permettre tout redémarrage de leur algorithme qui, de par sa nature exclusive, ne peut avoir un duplicata actif. Les Intelligences aussi ont leur limite. C’est très certainement à partir de cet événement qu’est née la vocation d’Amatüri. Pour autant qu’il soit possible de parler de vocation. Disons plutôt un destin révélé.

Amatüri se mit, après son retour de cette aventure périlleuse, au diapason d’une histoire pure et directe. Il parcourut la tangente qui le menait inexorablement vers la voie sans détour d’un citoyen hors norme. Un homme de notre histoire.

Au risque de commencer à entrer dans les « on dit », on dit que, par-delà un espace qui n’est ni le Triche, ni le Py, ni le Normal, l’écho de l’algorithme de InSitu veille à la bonne oscillation de la partie Métal d’Amatüri Traceur. Amatüri fit sa Prononciation selon le protocole SiSolune devant le grand rassemblement des prêtres du Vecteur de la pensée Révélée. Cette déclaration solennelle l’engageait dès lors en tant que candidat à l’incarnation Traceur. Il se passa dix cycles longs pendant lesquels il reprit ses missions de Parcoureur au service de l’impératrice. Il ne se douta pas que sa vie fut mise sur écoute permanente. Il fut étudié par les Chœurs du Vent, cet ordre secret passé maître dans l’espionnage des candidats à l’Incarnation.

Un jour, alors qu’il voyageait à bord du Ranker Vaisseau, ils furent arraisonnés. Un avatar du messie Solune lui apparut et lui annonça la nouvelle : sa vie future avait été simulée, le mystère de sa destinée en partie levée et le verrou de l’accession à l’Incarnation était tombé… il deviendrait Traceur et sa destinée marquerait la voie du Messie.

Dès lors, Amatüri perdit son nom Bio pour porter son nouveau nom de Traceur qui lui avait choisi Solune : Abram Onéguïne.

 

La Galaxie Abram - Agram, d’alias Viens par ici !

Un grand nombre de déplacements effectués au sein du Traceur se font par téléportations verrouillées. Il s’agit de transports moléculaires instantanés sécurisés par des cylindres de Kreff.
Les cylindres de Kreff transitent par des satellites relais en orbite autour du Traceur. On en compte, à la date d’aujourd’hui, trois mille six cent huit pour l’Abram.
Chaque relai doit être visible du suivant et du précédent. Les points de départ et d’arrivée sont en générale des tours, parfois des conduits menant à ce qu’il est commun d’appeler un Tremplin, pour le départ et un Gant pour l’arrivée.
 
C’est un moyen sûr de se déplacer car, contrairement à la téléportation libre, si un incident ne permet pas la récupération du modèle téléporté, ce dernier subsiste, quoi qu’il arrive, dans le cylindre de Kreff. La difficulté réside généralement dans les recherches nécessaires à la récupération du cylindre. Perdu dans l’espace, dans un astéroïde, dans le magma du cœur d’une planète, au sein d’une cloison du Traceur, dans un organisme biologique ? La capsule de Kreff ne dépassant guère que quelques microns, autant chercher un atome au sein du big bang. Et même si elles sont toutes dotées d’une balise, il est parfois difficile de les atteindre, même après les avoir correctement localisées.
 
Une société-pensée s’est spécialisée dans la récupération des capsules de Kreff. Ils utilisent des moyens multiples et variés pour arriver à leurs fins. En dehors des expéditions traditionnelles opérées directement sur le terrain, ils ont recourt à de lourds vaisseaux téléporteurs, utilisent des foreurs gravitationnels, des prêtres psychokinésistes, des Kuses de Forward et bien d’autres choses encore. Mais l’originalité de cette société, la société Agram pour ne pas la nommer, vient surtout d’une technique qu’elle est seule à maitriser. Il la nomme Dérobade. Ils forment pour cela des Intelligences qui savent traverser la matière en détourant le déplacement par Conviction. Ces Intelligences peuvent stationner en tout point durant un temps infiniment négligeable. C’est pendant ce non temps, au plus profond de la matière, qu’ils peuvent récupérer en leur sein, la capsule perdue.

La Galaxie Abram - L'Ambassade

Une galaxie à visiter, de nombreuses civilisations à découvrir. Et toutes ne sont malheureusement pas amicales. Certaines sont impliquées dans des conflits parfois millénaires, d'autres ne connaissent, comme modèle de société, que la guerre, et enfin beaucoup n'ont d'objectif que la conquête permanente, l'expansion comme seule moyen d'évolution.

L'Abram est un Traceur particulièrement doué pour négocier avec ces civilisations. Il aime par-dessus tout développer ses Méridiens au sein de ces systèmes complexes, respectant le devenir des sociétés belliqueuses, et les amenant inexorablement vers des destinées plus pacifiques et par la même plus durables.

Il nomme cette politique l'Ambassade.

Il a créé pour cela une branche de la pensée de la Culture qu'il a justement nommé Ambassadeur. Mais ces Ambassadeurs n'ont pas grand-chose à voir avec la diplomatie. Non, ils lorgneraient plutôt du côté de l’espionnite aiguë...

Les Ambassadeurs travaillent en étroite collaboration avec L'Ecole des Mondes qui est l'œil de cette agence très secrète. Ce sont également des agents de terrain. Lorsqu'ils sont dormants ils oublient totalement d'où ils viennent. Ce n'est qu'au moment de la ré activation que leurs souvenirs leur sont rendus. On appelle cette phase la Redondance. Les Bio peuvent être entièrement modifiés ou totalement dépourvus d'implants. Les Intelligences sont également de la partie, parfois infiltrées en Invisibles pendant des décennies.

Leur mission : la manipulation des pouvoirs, des puissants, des leaders, des évènements pour préparer une civilisation belliqueuse à accepter le premier contact sous un angle favorable au Traceur.

La Galaxie Abram - L'Ascola

De nombreux résidents emportent leur maison avec eux, à bord de l’Abram…

Certes, la place est limitée, mais lorsque le futur passager sait être convaincant, le Traceur parvient presque toujours à faire un peu de place pour embarquer son habitation.

On imagine aisément l’ensemble hétéroclite que cela peut donner, une fois rassemblées demeures de tous types, de tous temps, de toutes races… de toutes planètes, biomes, cultures, styles, natures. De partout et surtout d’ailleurs.

L’une de ces demeures embarquées est nommée par les passagers l’Ascola.

 

L’Ascola est une demeure colossale que le citoyen Zo, représentant du quartet Prioré, une branche forte quasi assimilée du nouveau secteur impérial de la Trente, a voulu emporter avec lui. Si l’Abram lui accordé cette faveur c’est aussi parce qu’il y a vu un avantage déterminant, une source de culture inimaginable.

L’Ascola a ceci de particulier qu’elle récence un nombre important de systèmes d’enseignement du savoir existants de par le XYZ. Et elle ne se contente pas d’être le musée des universités de l’univers, elle tente d’en dispenser les leçons selon les méthodes de chacune.

Faire tenir des milliers de campus hétérogènes au sein d’une même demeure, si majestueuse soit elle, relève de l’impossible. Aussi Zo a-t-il confié le soin de simuler tous ces systèmes d’apprentissages par une armée de Servants, qu’il nomme pour l’occasion, des Professeurs… tout simplement.

L’Ascola est ainsi devenu le temple du savoir de l’Abram, supplantant même l’université centrale du Traceur qui, obligée de s’adapter à cette organisation particulière, a eu l’intelligence de déléguer son autorité tout en conservant le contrôle des examens et la validité des inscriptions. Ce qui n’est déjà pas une mince affaire.

 

La Galaxie Abram - L'Aurosma à l'appontage

Il ne devait pas revenir aussi tôt.
L’Aurosma voyage du côté de la Sombre Ordonnée.
A son bord, deux cent soixante citoyens.
Ils ont pris part au projet de la future colonie Aïta.
Aïta, chaman de la Pensée Inachevée qui inspira le voyage de l’Abram.
La Pensée Inachevée est l’expression du talent de Projection Inachevée.
 
Aïta et ses frères et sœurs de Pensée préparent tout au long de leur vie leur unique voyage. Le jour où ils font appel à leur Amada, l’aiguillon du Triche, le mouvement qui les projette de part l’espace normal et les emmène vers un périple transcendantal aux quatre coins du XYZ et de ses plans voisins, en une course de fous follets dont la durée ne tient qu’à l’aléatoire de leur trajectoire.
La Projection Inachevée est un voyage sans frontière, sans limite, dont le but n’est que de voir et rapporter le souvenir tant que dure la course. Un segment, un cycle, une période, une éternité.
Tout ce que voient, sentent, entendent, goutent les prêtres de la Pensée Inachevée au fil de leur voyage est conservé dans les grandes salles de la bibliothèque Arusma sur Kiho, au sein de l’Ultra Centre. Ces archives sont libres d’accès. Mais leur lecture est complexe. Il n’est pas facile de savoir d’où viennent les sensations enregistrées, ni même qu’elle en est la signification. Galaxie, planète, paysage terrestre, parole, sentiment, onde ? Tous le spectre du ressenti humain est là, mais souvent perdu au sein d’un magma d’énergie PSY désorganisée.
Pour nous, simple citoyen, la lecture d’une Mémoire Inachevée peut, au mieux, nous laisser dans l’expectative la plus complète, au pire, nous mener au bord de la folie, l’esprit saturé d’émotions étrangères, sans plus de place pour notre Complexe C, qui s’atrophie nous laissant étrangers à nous-mêmes.
Il n’en va pas de même pour un Traceur. Les globes frontaux du Naviguant sont aptes à emmagasiner un récit Inachevé. Ils peuvent temporiser sa lecture et laisser au Traceur une infinité de cycles pour lire et comprendre.
L’Abram a lu le voyage d’Aïta et l’histoire dit que nous colonisons la galaxie qu’elle nous a raconté.
Il vous faut lire les Carnets de Voyage d’Aïta, l’interprétation de l’Abram des mémoires d’Aïta, c’est une trame passionnante.
Voudriez vous que je vous en résume l’essentiel ?
 
« Au revoir et …  je saute
 
Et je meurs
Je sais que je meurs
Et je reste avec ça
Juste ça
Suspendue
Suspendue et morte
Alors l’angoisse me saisie
Ainsi, ce n’était que cela ?
Notre voyage n’est rien d’autre que mourir ?
Je grimace, je rage, je supplie
Mais jamais ne pleure
Je m’endors
Je m’endors dans la mort
Je nie
Ce n’est pas cela
Là, ici, il n y’a pas de souvenir à partager
Alors d’où viennent-ils ?
Les souvenirs des voyageurs ?
Où suis-je vraiment ?
Je reste là plus de trois fois cent
Ou plus
Ou moins
Longtemps, longtemps à me poser des questions
Ou à poser des questions
A penser
Je ne suis plus que pensée
Je ne m’imagine pas prisonnière
Le Complexe C ne peut être ni enfermé, ni contraint
Il peut être déplacé et sauvegardé
Je tarde à l’apprendre
Lorsque je le pressens
Je peux partir
C’est la clé
Mon voyage commence »
 

La Galaxie Abram - L'Ecole des Mondes

L’Ecole des Mondes enseigne l’histoire des peuples contemporains. Elle est réputée pour la qualité de ses historiens. Ce sont tous des Danseurs Visages① qui adoptent la culture qu’ils étudient. Les informations qu’ils collectent durant leur campagne d’infiltration sont transmises à l’institution au travers de nexus fœtaux. Il suffit à l’agent de rêver pour que le monde qu’il étudie soit décrit dans les manuels d’histoire de l’Ecole des Mondes.
Mais la mission de ces professeurs au genre si particulier est dangereuse. Car même si les Danseurs Visages sont les maîtres du déguisement et de la duperie, certaines civilisations se laissent difficilement espionner et il n’est pas rare que l’on perde la trace de ces guerriers du savoir.
① Adaptation des Danseurs Visages pacifiés de Franck Herbert

La Galaxie Abram - La Coursive

La coursive est déserte. Les bandes d’éclairage fluorescent dispensent leur faible lumière verte depuis plus de trois cent trente années standards.
Durant les premiers cycles d’abandon du navire, les logimecs d’entretien ont tenté tant bien que mal de réparer les lourdes avaries subies par le vaisseau. Mais sans aide extérieure ils n’ont pu qu’intervenir ponctuellement, çà et là, pour sauvegarder ce qui pouvait l’être par leur travail modeste mais obstiné, parant au plus urgent, reculant peu à peu, abandonnant progressivement au vide spatial salles, corridors, hangars, passerelles et secteurs entiers. Jusqu’à ce qu’il n’y ai plus que cette coursive à entretenir. Et ils l’avaient fait avec résolution sachant pourtant que leurs efforts étaient désormais vains.
 
Puis ils cessèrent eux-mêmes de fonctionner.
Bientôt les derniers systèmes de vie préservant l’atmosphère de ce petit espace perdu entre le X, le Y et le Z viendront à s’arrêter. Le froid absolu envahira le couloir. Ses cloisons se recouvriront de givre. La structure se déformera, des pans entiers des parois se détacheront pour errer librement, lentement au gré de faibles champs magnétiques persistants. Les micros météorites  perforeront ce qu’il reste de la coque. Des cuves relâcheront les gaz encore présents, remplissant la coursive d’arbres cristallins.
Un follet du Profond viendra s’installer un temps dans cet abri précaire, profitant de la structure pour y déposer ses œufs après y avoir aménagé un nid d’énergie, de céramique et de glaise biologique.
Plus tard encore, bien après que le nid ait été  abandonné par le follet et sa progéniture, une comète de passage vient capturer l’amas de métaux rares, de câbles, de circuits et d’objets, vestiges d’un ancien navire dont il est désormais difficile d’en déterminer l’origine.
Cette comète est baptisée Num Annonciatrice. Num car c’est ainsi que commence les noms de toutes les comètes que croise l’Abram. Annonciatrice, car elle nous dit que nous rencontrerons très probablement des représentants de notre propre civilisation, bientôt, dans les cycles à venir.

La Galaxie Abram - Laby

Cinq cycles majeurs après la crise énergétique, une résidente se présenta au Naviguant pour lui proposer un projet très particulier.
D’alias Belle Interrogation, cette représentante de la Ligne, une pensée circulaire du courant Repenti, voulait se perdre seule dans un univers non étagé afin de mieux, de réellement trouver l’âme sœur.
Pour cela, il lui fallait un labyrinthe. Un grand labyrinthe. Et c’est ce qu’elle demanda à l’Abram Onéguïne.
 
Le projet ne fut pas accepté immédiatement. Ces deux-là durent se voir, se connaître, s’apprendre avant de se comprendre. Mais ils firent le chemin et devinrent amis. Et l’on commença à construire le Labyrinthe.
Ce fut un chantier pharaonique. Il fallut tout d’abord trouver un lieu suffisamment grand pour accueillir l’édifice. Impossible à l’intérieur du Traceur. On décida de le placer à l’extérieur, sur le versant cinq bas de la coque des petits réceptacles Ԑb.
C’est un édifice en colimaçon. Un dédale en trois dimensions, fait de coursives qui se croisent et se recroisent. Il s’étend sur plusieurs lieues.
Y entrer signifie s’y perdre. Vous n’avez aucun moyen d’en sortir avant 360 cycles vrais. L’objectif est de rencontrer quelqu’un et de faire une partie du chemin avec lui. Si vous êtes fatigué, le Labyrinthe peut vous construire une maison en une nuit. Vous pourrez y résider autant de temps que vous le souhaitez. Peut être quelqu’un viendra t’il frapper à votre porte. Vous pouvez repartir aussitôt, ou demain, ou jamais.
Le Labyrinthe est constant, il ne bouge pas, ne change pas, ne vieillit pas. Seules peut être les résidences créées à la demande des arpenteurs peuvent ouvrir des passages qui avant n’existaient pas.
Ah, oui, bien sûre, j’oubliais. Il parait, mais ce n’est pas certain, qu’il existe une porte, une sortie. Mais j’ai entendu dire qu’elle donnait dans le vide…

La Galaxie Abram - Le Cœur caché de l’Abram

N’allez pas croire que tout soit parfaitement tenu sur un Traceur. Il arrive que notre Navigateur néglige certains lieux de sa personne. J’ai découvert l’un d’eux. C’est devenu comme un jardin secret.
 
Non loin de chez moi vous trouverez, en cherchant bien, une crevasse. Elle se trouve en hauteur, au centre d’un vaste plateau recouvert d’un bois d’arbres colonne. Un épais  filet de lianes recouvre le sol criblé de nombreux trous assez larges pour que vous puissiez y tomber. Alors prenez garde. La chute pourrait être brutal, car en fait de sol, il s’agit plutôt du toit d’un sous-sol immense, aux colonnes irrégulières et aux voutes inégales. Des ruisseaux serpentent entre les monticules qui soutiennent des piliers de un à trois mètres de haut. Sur les parois, une fougère luminescente illumine faiblement le lieu baigné d’une douce torpeur. Il y règne un silence naturel. Vous n’êtes plus sur un Traceur, plus sur un navire et ses millions d’âmes, plus sur la gigantesque matrice InteBio de toute une galaxie. Vous venez de tomber dans un lieu très loin, à quelques pas d’une maison, près d’une falaise, au bord d’une mer, d’une forêt, d’une steppe. Un partout ailleurs.
Il y fait très chaud. Vous êtes dans les pores de la peau d’une planète. Il faut chercher longtemps pour trouver l’entrée du tunnel. Suivez-le, mais prenez garde aux petits aspics au venin terriblement douloureux. S’ils venaient à vous mordre, votre sonde Farmer sera mise bien à mal. Equipez-vous d’une combinaison peau NT6, ou vous risqueriez de ne pas y survivre. N’oubliez pas qu’ici, l’Abram n’ira pas vous sauver ! Passages inondés, corridors infestés d’insectes tous plus mortels les uns que les autres, éboulements, précipices… et pas un moyen de communication.
Et enfin vous arriverez dans cette salle immense. Une cathédrale d’acier, des pilonnes sans fin, une pluie tropicale permanente, une faune incroyable, inconnue, une lumière dense, une atmosphère plastique à la transparence palpable. Un lieu abandonné de l’Abram, sauvage et libre.
Je pense être le seul à connaître cet endroit que je me suis permis de baptiser, en  toute simplicité, le Cœur de l’Abram. Je n’y ai jamais vu d’autres résidents du Traceur ni aucune trace qui puisse laisser penser quelqu’un y ai séjourné.
On y trouve de nombreux lacs d’eau salée. Je pense qu’elle provient de l’une des mers du Traceurs. D’ailleurs, on retrouve beaucoup de caractéristiques d’autres lieux de l’Abram si l’on observe bien le paysage, les animaux, l’architecture, l’atmosphère du Cœur de l’Abram. Tout cela donne une impression de convergence.
J’ai essayé d’y construire un abri, pour pouvoir y résider un temps, mais rien n’y fait, sitôt quitté, il est systématiquement  détruit et mis à bas par des forces qu’il ne m’a pas été donné d’observer. Et ma combinaison, comme par hasard, est toujours défaillante et je ne peux généralement pas rester plus d’un demi-cycle. Après quoi, je me hâte de rentrer chez moi pour sauvegarder  ma grille mémorielle.
Et devinez ce qui est arrivé, en fidu du cycle denier. Oui, vous l’aurez deviné, toutes mes archives sur le cœur de l’Abram ont disparu.
Je ne pense pas que le Cœur de l’Abram soit le seul endroit de ce type, secret, oublié, laissé à l’abandon. Celui-ci a atteint un certain équilibre et semble vouloir se défendre de toute intrusion prolongée. Ou es ce encore et toujours le Traceur  à l’ origine de tout cela… Mais j’aime à penser qu’il n’en est rien, qu’il existe vraiment ici un espace incontrôlé, qui survit envers et contre tout ce que l’on nous a toujours affirmé : le Naviguant a la totale et constante maitrise de lui-même … et de nous par la même occasion.
Au fait, surtout, ne cherchez pas à trouver le Cœur de l’Abram. Il va de soit que toutes mes indications pour le trouver sont fausses… quoique.

La Galaxie Abram - Le projet Iceberg

Oncle Dominus d'alias GrunPa est un arlite de la Non Pensée*.
Il mène actuellement un ambitieux projet qui vient de recevoir l'aval du Navigant ce cycle même. L'idée et de construire des villages colonies à l'extérieur du plastron de défense Nordique, de les laisser grandir et prospérer. Une fois une taille critique atteinte le village se détache du Traceur et s'éloigne, dans une dérive semi contrôlée pour vivre une vie nomade dans l'espace.
Il est pour l'instant prévu de construire trois villages Iceberg. Si l'opération s'avère être un succès, le nombre de ces colonies d'un nouveau genre devrait vite se multiplier!
 
 
* Non Pensée
Farouches partisans du libre-arbitre, les adeptes de la Non Pensée estiment que l'évolution Bio - Métals est totalement indépendante, imprévisible et aléatoire : toute tentative pour orienter le flux dans telle ou telle direction est la négation de la Vie même.
Dessin de Gabriel

La Galaxie Abram - Les Colonies - IT-Trine

Une nouvelle colonie placée sous le signe de l’éco économie

La 119iéme colonie de l’Abram Onéguïne vient officiellement de voir le jour.
119 en dix ans, très certainement un record de lenteur que nul Traceur ne pourra battre. Un taux de croissance si inférieur au coefficient de persistance Prohog que nous devrions disparaître, effacé par l’irrésistible entropie du XYZ, avant même que l’impératrice nous envoie la sonde Patriarche.
Mais nous ne disparaitrons pas et le temps n’est plus notre ennemi. Nous ne sommes plus de simple impériaux. Nous sommes désormais de la famille Bruka… Oui, le temps n’est plus notre ennemi… Qu’il est bon d’être libre, si libre maintenant !
 
Alors, qu’en est-il d’IT-Trine. Elle est l’œuvre  d’un citoyen commerçant de la Pensée Sommaire, le courtier Claire Source Sonde d’alias Nomméforme.
Nomméforme ambitionne d’instaurer, à partir d’IT-Trine et du réseau co-culture qu’il souhaite développer, la Base de Vie Conforme, et d'en faire bénéficier l’ensemble des peuples et des individus du corpus Abram, branches comprises.
C’est donc Nomméforme qui endosse la lourde responsabilité de subvenir aux besoins de chacun et d’administrer la redistribution totale au sein du Corps. Nous lui en rendons grâce et l’assurons d’ors et déjà, et je ne pense pas me tromper en associant vos voix à la mienne, de notre soutient actif pour la réussite de son colossal projet
Définition de la Base de Vie Conforme : l’Empire est ses Corps (Traceurs, Baronnies, Travées, Cloîtres, Zones Ultra, Garages Hermétiques etc.) assurent à ses citoyens un niveau de vie clairement défini et ceci quelques soient leurs activités.
Pour accéder à un minimum de confort de vie, il suffit au citoyen d’en faire la demande à son représentant impérial référent. Ce dernier se doit de mettre en place l’infrastructure nécessaire afin de  pourvoir au besoin du demandeur à hauteur des barèmes fixés par le codex de la Base de Vie Conforme, soit le niveau de vie d’un riche citoyen NT5.
IT-Trine s’installe, quand à elle, sur Oxy-G, une planète morte du système Qxy, du secteur Ü. C’est une boule vitrifiée sans relief, à l’exception d’un gigantesque gouffre de 900 km de large sur plus de 2000 de profondeur, occupé par un océan d’azote liquide. C’est au centre de ce puits naturel que Nomméforme a décidé de construire la première brique de son futur empire co-culture, la colonie Base De Vie.
Nous lui souhaitons six bonnes chances. Gageons que nous entendrons parler de lui bientôt.

La Galaxie Abram - Les Colonies - Le Kan

Le Kan est une organisation plus qu’une colonie. Elle regroupe les grandes caravanes Kuklienne. Ces caravanes sont des flottes bio métal nomades parcourant le Triche Lumière et l’Espace Normal, voyageant de colonies en colonies, poussant toujours plus loin les expéditions aux frontières du Corpus Abram, renforçant les Méridiens les plus lointains comme les plus parcourus, transportant marchandises et personnes… les grandes caravanes ont pour principale raison d’être le voyage.

Le BüKan est l'Assemblée du Kan. Elle rassemble les représentants des caravanes Kuklienne,  organisant la collaboration, le travail de recherche, l’immigration, l’économie, la défense et tous les échanges, de quelques natures soient ils, entre ces immenses flottes itinérantes.

Particularités : au grand cycle 1052 du Corpus, l’Abram Onéguïne a rejoint la caravane Küty pour un voyage reliant la jeune colonie Abram Aujourd’hui ce Jour d’alias Ce Jour, du secteur Ä à la colonie plus ancienne, l’une des premières de notre Traceur, Secün du secteur A°.

La Galaxie Abram - Les Colonies - Les Dildites

Une nouvelle civilisation a été découverte par l’Intelligence Ludulule d’Alias Lue. Son organisation semble pour le moins très originale.
Cela se passe sur Sür à la périphérie du secteur de Nidification. La planète, la quatrième d’un ensemble de douze astres, abrite des biomes principalement tempérés. Une forte océanographie, un climat homogène, un ensoleillement constant ont permis à une forêt unique de conquérir l’ensemble des terres émergées et parfois même immergées.
Nous pourrions donc nous attendre à un environnement simplifié qu’il ne devrait pas être compliqué, d’étudier et comprendre. C’est sans compter sur la structure sociale et culturelle de la multitude de peuples NT1 et 2 qui constituent le maillage sapiens hors du commun de Sür.
 
Se pose la question de savoir si ces peuples primitifs aux caractéristiques si diverses ne forment pas finalement une seule et même société ? L’ensemble des êtres intelligents  (et peut être aussi certains animaux) partagent une même particularité. Ils rêvent tous le même rêve. Et dans ce rêve, ils évoluent au sein d’une société unique. Cette société, ils la nomment la Plaine. Elle a tout d’un monde réel. Une unité de lieu et de temps, une continuité, une réelle persistance.
La Plaine vit sa vie, les saisons s’y succèdent, la météo y est changeante. Mais ses habitants n’y font que des passages réguliers, reprenant leur existence onirique là où leur réveil précédent les en avait extrait.
La Plaine est un univers de fêtes, de gloires, de batailles, d’affrontements, d’alliances, de trahison, de beauté et d’horreurs mêlés, exacerbés, perpétuels et délirants. Dans la réalité de Sür, rares sont les conflits. Etrange est d’ailleurs la première visite sur cette planète. Nulle part ailleurs vous ne trouverez des peuples aussi paisibles, calmes, voir indolents. Mais il n’en est rien, les peuples de Sür sont tout autres !

La Galaxie Abram - Les Colonies - Les Ruches d’Ine

Les mondes d’Ine sont des planètes, sept au jour d’aujourd’hui, du secteur CĦ accueillants des archologies  formecs autonomes. Elles produisent une grande partie des biens manufacturés du Corpus Abram.
Chaque archologie  est dirigée par un servant. L’ensemble des servants d’Ine forment à leur tour un servant Solune.
 
Particularités :
  • Une division Scorpionaute (mille trois cents hommes, deux frégates, quatre corvettes, trois scorpions, une base tarentule) assurent la sécurité des ruches d’Ine dont l’activité est stratégique pour le corpus Abram.
  • Trois antennes relais Ekivok permettent l’immédiateté des communications inter ruches, nécessaire à l’existence du servant Solune d’Ine.
  • L’activité ultra industrielle des ruches se fait dans le respect des biomes d’accueil classés « sensibles, fragiles ».
  • Les archologies sont des réalisations du pô pro arketech Mondes à Voir, d’alias MoAv. Ce sont des œuvres uniques affirmant la réalité Logimecs en tant qu’ensemble sentient. Il en résulte l’une des compositions d’Intelligences multi mondes la plus vaste jamais créée, dotée d’une capacité d’expansion sans limite.

La Galaxie Abram - Les Sociétés - L’Alliance

L’Alliance est une société de transport rapide, c’est un peu nos coursiers de l’espace !
En dehors de sa propre flotte de vaisseaux elle engage des petits transporteurs privés. Ces derniers se doivent de respecter la chartre stricte et sévère de déontologie de la société, l’Alliance Domine.
Une structure interne de l’Alliance est en charge d’appliquer ces règles et de contrôler qu’elles soient suivies par tous les sous traitants travaillant pour elle. On nomme cette structure l’Assurance.
 
Vous êtes LaLa Victi HÜmuya d’alias Lacti, commandante du vaisseau Intelligence Pourquoi On n’y voit Goute, d’alias Pourquoi. Vous contrôlez les transporteurs de l’Alliance sur les Méridiens frontaliers du Popland.
Loin des voies encombrées du centre nid, votre vaisseau est dirigé par l’Intelligence Un Regard Plus Loin, d’alias Plus Loin, une ancienne éclaireuse des premiers cycles.
Entre ses glyphes experts, vous pouvez vous rendre à plus de six sauts instantanément. Peu de navires peuvent rivaliser avec vous sur le terrain de la mobilité, de la rapidité et de la précision du saut.
Par contre votre navire n’est ni une caraque, ni une frégate, et encore moins un croiseur. Non, c’est une simple annexe, un petit S4, à peine doté du confort minimum d’un transporteur indu NT4. Ce choix n’est pas le votre, c’est celui de Plus Loin… Pour cette raison et pour tant d’autres, vos relations avec le vaisseau sont souvent tendues, complexes… conflictuelles.
« Quel bordel ce navire ! Obligée de vivre dans une caisse à savon parce que l’autre bousin est une nostalgique de son heure de gloire où elle pouvait faire cavalier seul. Mais personne ne t’oblige à rempiler dans la marine ma vieille ! Place aux jeunes et retourne te les geler dans l’espace sans autre compagnie que te lugubre personne ! »
« Nous arrivons à la lisière de la zone de recherche capitaine. Je propose que nous longions la bulle d’ignorance jusqu’au périgée. Nous pourrions ainsi rejoindre l’aiguillage tout en restant ignoré. Nous les surprendrions en moins de trois cycles courts. Qu’en pensez-vous Milady ? »
« J’en pense que je veux de l’espace ! J’étouffe ! Je n’en peux plus, j’abandonne… »
Pour le coup, Plus Loin accuse une légère hésitation :
« Certes… Bien… Bon, mais vous avez conscience qu’un abandon immédiat de la mission est impossible ? »
« Je vais me gêner… »*
« Pour ma part, je continue. Je vous laisse la navette ? »
« Ca ne sera pas plus inconfortable que ta coquille insalubre »
« Je ne suis pas responsable du ménage. Humm… Je ne voudrai pas vous presser mais si vous voulez quitter le navire, c’est maintenant. Plus tard risquerait de nous faire remarquer. »
Lacti n’a que peux de bagages, même si cela fait plus de douze Suites de suite qu’elle commande ce navire.
Elle embarque dans la navette peu de temps après et part…
Plus Loin est profondément perturbée et rate par deux fois son entrée sur l’aiguillage. Elle n’a jamais pris au sérieux les nombreuses menaces de départs de Lacti et celui ci est si brutal.
Elle n’en poursuit pas moins sa mission, déterminée à tout faire par la suite pour rattraper celle qu’elle considère comme sa compagne depuis bien longtemps.
Elle se reprend et comme à son habitude manœuvre avec habilité et une adresse véritablement sans égale, fondant sur sa proie, invisible, silencieuse, rapide et impitoyable… Si ce n’est que cette fois elle n’est pas la première sur les lieux. Lacti est là. Elle a déjà arraisonné le navire pirate et l’attend, debout sur la proue de ce dernier, souriante, triomphante et diablement arrogante.
« Elle l’a fait seule, à bord d’une navette, bien plus vite que moi et sans que je ne détecte quoi que ce soit… Par le Triche, quelle pilote ! »
«Je te donne droit à une pièce en plus », lance Plus Loin à son capitaine. « Tu en feras ce que tu veux ».
« Une pièce en plus, qu’es ce que tu veux que j’en fasse ? J’ai déjà un palace pour moi toute seule. Qui voudrait davantage ? »

La Galaxie Abram - Pirates du Grand Vide

Il fut un temps, parmi  d’autres temps, où nous étions nombreux, puissants et craints. Il fut des temps où la société s’organisait autour de nous et de nos exactions. Nous attaquions, elle se défendait, nous attaquions plus fort et elle mordait encore plus fort.

 

Aujourd’hui, sacrifiée sur l’hôtel d’une civilisation pseudo pacifiée, la profession se meurt et l’espace et plus triste que jamais.

Aujourd’hui, je suis peut être le seul digne représentant de l’illustre famille des Pirates du Grand Vide ! Avouez que le nom claque bien quand même ?! Que pensiez-vous ? Que la piraterie n’avait plus court dans le maillage de nos Méridiens ? Vous n’avez pas totalement tort. Les Scorpionautes ont décimé nos rangs… Mais j’essaie, humblement, de perpétuer la tradition. Ceci dit, ne vous y trompez pas, je fais cela dans les règles de l’art : attaque, abordage, vol, destruction et meurtre, si la touche finale le demande. Mon nom : Inigo de Montoya, d’alias l’Ecumeur des âmes… à votre service !

La Galaxie Abram - La Collecte

La lettre La Collecte de quoi ?

Des vies.

La Maison Grande collecte des vies et propose à ses clients de les vivre à leur tour.

La Maison identifie des citoyens qu’elle juge dignes d’intérêts. Les critères pour cette sélection sont multiples :

  • L’originalité de leur existence
  • Les valeurs qui les gouvernent
  • Leur itinéraire, vocation, destinée
  • Leur caractère, humour, bonté
  • Leur Pensée Secondaire, le Complexe C
  • Leur famille, relations, tribus, groupe, lignée
  • Leur déviance, tragédie, blessure

La Maison demande au citoyen ainsi choisi s’il accepte que sa vie soit collectée. L’opération s’effectue en temps réel par le biais du plot vertébral et avec l’aide d’une Intelligence Biographe. Les vies sont stockées dans des Outres de données. On les appelle à ce stade des Limons.

Le citoyen désireux de vivre l’existence d’un autre s’installe dans une Main Prononcée. Ce type de Main peut accueillir des adeptes de la Seconde Voix pendant de nombreux cycles longs, voir pendant de nombreux Intervalles complets.

Le Limon de Vie est déroulé sur un treillis d’algorithmes à effondrement. Celui qui prend place dans cette nouvelle vie est nommé l’Exultant. Il peut opter pour différents niveaux de contrôle de sa nouvelle existence :

Par Cheminement : l’Exultant est là en spectateur. Il est son hôte mais n’en a pas le contrôle. Il suit la destinée qui fut celle de celui qu’il a choisi. Il ressent son environnement et les émotions de la vie qui lui est racontée mais ne peut interférer sur son déroulée. Le Cheminement est aussi appelé Traversée en ce qu’il est souvent utilisé comme une retraite spirituelle, un temps à l’échelle d’une vie pour apprendre d’un autre et méditer sur la différence et le savoir d’autrui.

Par Emprise C : l’Exultant a la maitrise de son hôte. Il est libre d’agir à sa guise mais reste sous l’influence de courants d’ascendances puissants. Sans qu’il ne puisse s’en rendre compte son existence suit des flux prédestinés qui l’amènent inexorablement, quels que soient ses actes, vers les nœuds de l’histoire originellement vécue.

Par Prise : l’Exultant investit totalement le personnage de la vie collectée. Il peut mener son existence comme il le souhaite, s’éloigner des nœuds d’histoire ou en rester proche. Des Intelligences Légères veillent et servent de guide pour aider l’Exultant dans sa nouvelle vie mais ce dernier reste seul face à son destin et lors des choix qu’il a à faire à la croisée des nœuds d’existence. Ceci dit, le contrôle par prise offre l’avantage non négligeable de pouvoir revenir à tout moment en arrière dans le cheminement de la vie collectée, de rejouer plusieurs fois la même séquence pour tester des choix différents, voir pour tout simplement revivre une expérience heureuse.

Il est à noter que la Maison Grande a créé une école de la Pensée Collectée pour poursuivre ses propres recherches dans ce domaine. Ainsi, elle a pu innover dans la fusion de vie par exemple, ce qui lui permet de proposer des existences constituées à partir des destinées de plusieurs citoyens. Elle travaille par ailleurs sur un projet très prometteur de vie artificielle entièrement créée par des Intelligences.

Affaire à suivre...

La Galaxie Abram - La Shage

Par Gabriel

La Galaxie Abram - Le musée de la Mer Intérieure

e tous les lieux fabuleux que l’on peut trouver au sein de notre Traceur j’ai une préférence pour le Mer Intérieure. J’aime à voir la réalité de cette océan qui navigue dans l’espace. Ce lieu est une vraie folie paisible, une périlleuse prouesse technologique dédiée à la sérénité, à la paix, à l’équilibre de l’Abram. Et ce lieu renferme de nombreux autres lieux.

L’un d’eux, est un musée. On l’appelle les Bulles d’Ex Peau. Il s’agit de salles disséminées çà et là sous la surface de l’océan. Ce sont des sphères transparentes immergées pouvant accueillir des expositions temporaires d’artistes colons, résidents ou alliés. L’immensité des lieux permet de présenter des œuvres monumentales. On peut s’y rendre par téléportation mais il est plus agréable, je trouve, de naviguer de bulle en bulle à bord de l’un des nombreux submersibles mis à la disposition des visiteurs.

En ce moment, l’artiste JooP expose dans plusieurs bulles ses fantastiques escargots rhinocéros. N’hésitez pas à venir vous perdre dans les circonvolutions de leurs coquilles.

La Galaxie Abram - Seul sur Omeria

Dessin de Gabiel, couleurs Gabriel

La Galaxie Abram - Le Moulin

’Abram, en bon père de famille a préféré détourner une majorité de la manne énergétique offerte par Bruka pour la construction d’infrastructures nous assurant à moyen terme de ne justement plus dépendre de la générosité de quiconque. C’est un accord passé entre nous et Bruka. Toutes les cartes sont sur la table. Il existe même, dans les termes de cet accord, une clause qui stipule que nous contribuerons une fois que notre balance énergétique sera excédentaire, à nourrir l’océan Brûka par des apports, certes symboliques, d’Ԑ brute.

Parmi ces installations produisant ou stockant de l’Ԑ brute ou raffinée, on peut en citer quelques-unes qui sortent de l’ordinaire…

-          Le Fournil du Perroquet. C’est un écarteur placé au cœur d’un pulsar éklictoïde proche du carrefour des Méridiens AHïl et PrémiPrémus. Il laisse passer du Triche au Normal. Une chute énergétique colossale. Un système stellaire proche formé de trois composantes est entièrement aménagé pour le stockage de cette Ԑ. Six géantes gazeuses et les trois soleils servent de silos et chaque système est équipé de son astroport. Spécificité du dispositif, une raffinerie peut traiter l’ Ԑ brute sur place sans avoir à transiter par le Traceur. Une colonie a élu domicile sur cette structure et gère l’ensemble qu’ils ont finalement appelé le Fournil.

-          L’Orgueilleuse Sellette. Projet plus controversé, il a pourtant vu le jour il y’a 220 cycles et se maintient malgré ses détracteurs.  Basé sur la technologie relativiste de l’architecte Alûre de l’église Tek No Tech de la pensée Alpha, elle consiste à ralentir l’entropie naturelle d’un soleil jusqu’à ce que les forces de rétablissement de l’astre tordent le repère tridimensionnel de l’espace normal jusqu’à la limite de rupture temporel. Les freins mis en place sont alors relâchés d’un seul coup et le retour à l’équilibre spatial du soleil produit un flux d’ Ԑ ultra brute comparable à l’explosion d’une super Nova. Cette Ԑ est enfermée dans des cubes de Brises laissés là, aux abords du système. Un terminal raccordé aux cubes permet d’y puiser toute l’ Ԑ voulue. La polémique porte sur plusieurs points :
 

o   Le soleil meurt très rapidement, seuls trois à six ponctions sont possibles avant vitrification de l’astre.

o   Des fissures temporelles brisent tous les méridiens proches d’une Sellette, ce qui rend difficile l’exploitation de ces gisements.

o   Un tiers de l’ Ԑ puisée est utilisée pour la ponction suivante.

Il reste néanmoins vrai que, même si cette méthode est particulièrement destructrice, elle rapporte une somme, un volume d’ Ԑ considérable. Pour l’instant, seize étoiles sont ainsi exploitées, mais trente-deux ont déjà été détruites.

-          Les Eoles.
Les Eoles ne sont pas à vraiment parlé des sources d’Ԑ mais plutôt des stations de stockage et de réapprovisionnement en Ԑ raffinée disséminées au sein de la galaxie dans les désert de verre.
On nomme déserts de verre ces zones contrôlées par des civilisations autochtones et mises en quarantaine par le Traceur. Dans ces secteurs, notre présence ne doit pas être révélée. Afin de maintenir les Méridiens traversant ces territoires, l’Abram y a placé de vastes stations cachées dans des replis du Triche autorisant une jonction permanente avec l’Espace Normale. Une tour, dissimulée par des écrans neutres émerge du Triche et l’on peut y accéder pour se réapprovisionner en Ԑ raffinée. Le gros de la station se trouve suspendue au-dessus de la tour mais dans le Triche. Les Eoles sont maintenues par des Merks (des Mecks instruits) et peuvent aussi servir de refuges à des Intelligences de passage ou parfois même à des Bio, qui sont alors logés dans la Tour.

-          La Chambre des Négoces
A l’inverse, l’Abram a pu nouer de nombreuses relations avec des civilisations qui l’aident, moyennant un juste retour des choses, dans sa quête ininterrompue d’Ԑ brute. L’une de ces alliances  est intéressante à plus d’un titre. La Chambre des Négoces est un consortium qui invite les grandes industries de plusieurs civilisations du noyau à développer des programmes de recherches communs. Le Traceur participe en mettant à disposition des équipes de recherches le matériel et les infrastructures nécessaires. En aucun cas il n’offre de nouvelles technologies, les civilisations participantes doivent chercher et trouver elle-même. Mais le Traceur leur facilite la tâche. Cette association intra civilisationnelle à deux principaux bénéfices : le développement rapide d’un arbre technologique maitrisé en douceur par le Traceur et une stabilité accrue dans ce secteur. Et surtout, ce programme a permis de créer de nouvelles sources d’énergie. Une bourse des excédents d’Ԑ ainsi produits profite aux civilisations concernées ainsi qu’au Traceur.

Image: 

La Galaxie Abram - Sans Faille, sans arrêt

Vous devriez venir sur Coriopolis!
Qui je suis? Je me nomme Cirogone d'Alias Conflex, je suis transcripteur de Méridiens. Je voyage aux quatre coins de la galaxie Abram et décris par le verbe et le statique les créations de notre Naviguant.
Oui, je sais, l'Abram ne me pardonnerait pas le terme de création. Il est bien le dernier à revendiquer une quelconque paternité sur les colonies nées des enfants de son sein. Mais qu'importe, j'assume. Mon expérience du terrain me le permet. J'ai visité plus d'un millier de mondes et je peux vous l'affirmer, ils ont tous un quelque chose de notre Traceur.
 
Je tenterai de l'expliquer plus tard. Revenons vite à ma dernière découverte: Coriopolis.
C'est un monde d'Intelligences. Que du Métal ou presque. Il y'a bien quelque BIOs, comme moi en ce moment, par exemple. Mais la chair reste rare. Noté que nous y sommes les bienvenues, mais ce monde est trop fou pour que nous, pauvres êtres cellulaires, puissions y rester plus d'un cycle sans devenir totalement dément!
Coriopolis est l'oeuvre du génial Architecte Abso d'Alias TutiQuantique. Intelligence vénérable de trois mille cycles principaux, elle n'en est pas à son premier Tracé. Auprès de l'Abram, TutiQuantique a souhaité créer une colonie pour lutter contre l'immobilisme dépressif lié à la lente agonie du Don du Vieux*.
Il a donc décidé de construire un monde tout en mouvement, en mouvement permanent. Sur Coriopolis, rien n'est immobile, rien n'est statique. Il n'y a pas de lieu. Il ne peut exister d'endroit. Donner une adresse est impossible. Seules existent des trajectoires, des probabilités de rendez vous, des incertitudes de rencontres.
Sur Coriopolis, vous vous nourrissez d'énergie cinétique. La monnaie d'échange est la vitesse.
TutiQuantique a élaboré un protocole perceptif adopté par toutes les Intelligences de la colonie. L'environnement visuel, tactile et sonore en est radicalement modifié. Les Bio peuvent également l'essayer. Les échanges énergétiques y sont mis en valeur. Toute déperdition d'énergie est visible et palpable. Chaque mouvement laisse sa trace. Chaque pas en avant, chaque tour de roue, chaque décollage, chaque retournement, tous les mouvements contribuent à vous enrichir et les plus anciens, ayant parcourus le plus de segments, brillent d'une aura étincelante. Je suis, pour ma part, une tâche sombre suivant un chemin crayonné et laissant derrière lui des gouttes huileuses. Et sans arrêt des traits de flèches tentent de m'emporter dans leur course folle. Pour m'aider. Mais je ne suis pas de ce monde. Je ne peux m'y intégrer. Pas sous cette forme.
 
* Le Don du Vieux : lente plongée dans un état dépressif lié à la prise de conscience du statut d'immortel

La Galaxie Abram - Sur Marée

Sur Marée, il y’a la Déferlante, une mer unique sans cesse soumise à une tempête fantastique, une tempête à l’échelle d’une planète. Des vagues de plus de trois mille mètres, des vents plus rapides que le son, plus violents qu’une chute de pierre, plus bruyant qu’une explosion nucléaire, des pluies aussi denses que la mer elle-même, des gouttes ciselées et tranchantes comme l’acier.
 
Sur Marée, le ciel est sans cesse zébré de millier d’éclairs, les nuits sont aveuglantes, la mer plus électrique  qu’un autel de Gauss.
Pas un rivage n’a résisté à l’assaut implacable des déferlantes géantes. Il y’a bien  longtemps, la terre a cédé tout terrain à la mer.
Une colonie vit ici, dans de grandes nefs voguant sur ces flots déchainés. A l’échelle de la houle perpétuelle, ce ne sont que de minuscules coquilles de noix jetées dans l’oubli de ce monde déchainé.
Mais les capitaines de ces vaisseaux insubmersibles savent défier l’indomptable. Bien sûre, ils plient, s’effacent, courbent l’échine et toujours reculent, jamais ne résistent. Ils ont su apprendre à accompagner cette terrible fureur et, à ses côtés, danser la cavalcade effrénée de ce qui semble être le cri de l’univers.

La Galaxie Abram - Quel temps fait-il ?

Toute civilisation ultra sophistiquée sommes nous, si il y’a bien une constante qui nous lie à nos lointains ancêtres et à tous ceux qui les ont suivi, c’est cette préoccupation du temps qu’il fait ce cycle, celui d’après et celui qui suit celui d’après.

Que ce soit sur les mondes artificiels au climat archi contrôlé ou sur les terres des lointaines colonies aux prises avec les éléments qui les dominent, le Bio comme le Métal lève le nez, tend la main, et critique le temps qu’il fait.

Une discussion entre des Résidents ou des Colons semble toujours devoir commencer par une évocation de la météo et de ses conséquences. Même à bord d’un Traceur où l’on peut savoir au tinycycle près quelle sera la température ambiante, l’hygrométrie, la force et le sens du vent et la pression atmosphérique, il est courtois, voir nécessaire de commencer une conversation par une évocation météorologique. Cela est devenu dans notre société l’équivalent d’un salut polis. On parle météo comme on opine du chef, comme on sert la main. C’est l’accolade selon l’Abram.

Cet intérêt va au-delà de l’échange de simples politesses. Il y’a un intérêt réel dans cette manifestation la plus directe de la nature, rappel de notre nature intrinsèque de créature biologique.

Tout cela pour que vous compreniez comment une Intelligence Outre en est venue à s’intéresser à cette science jusqu’à en délaisser sa mission première (la simulation prédictive des mondes colonisés) pour ne plus se concentrer que sur l’étude des innombrables climats que l’on peut trouver sur l’infinité des mondes connus.

Le climat d’une planète est toujours une affaire complexe. Alors imaginez ce que peut être l’étude conjuguée des modèles météorologiques de plusieurs centaines de milliers de mondes.

Cette science est sans limite. Toutes les fantaisies y sont permises, toutes les exubérances de la physique, de la chimie, de la géologie, de la biologie rassemblées s’y confrontent en équations au quotient chaotique infini.

L’Intelligence qui a décidé de s’y coller, d’en simuler les réalités à la perfection, se nomme Hydro Dolto d’alias La Corne et La Vache. Demandez-lui de vous transporter au sein de n’importe quel climat qu’elle affectionne et vous voilà soudain face à des tornades de cristal, des éclairs gros comme un immeuble à la déflagration aussi puissante qu’une charge à neutron, porté par un embrun velours, surpris par un vent à détonation, soulevé par la neige plume… Demandez-lui de vous montrer les pluies inter mondes de Cuelpa, et celles sous-marines d’AtrapaNonNon. Elle saura vous expliquer comment un nuage de Saline peut être plus lourd qu’un Traceur. Elle saura vous dire comment vous protéger des vagues de pierre des planètes d’Ecumes. Et finalement elle vous racontera comment les habitants de ces mondes vivent ces climats.

Alors, si vous êtes de passage sur Britane (suivez le Méridiens du Socle Sinueux), rendez donc visite à La Corne et La Vache. Et si vous voulez vous faire bien voir de cette vénérable Intelligence, apportez lui un parapluie, elle en raffole.

La Galaxie Abram - Le Bunker

Lettrine Il existe un endroit sur le Traceur que vous devait découvrir. On y entre par un sas aux dimensions colossales, on y rencontre le Naviguant, on s’y perd pour mieux connaître l’Abram et, au final, mieux se connaître soi même.

Petit interview de BimBeduüm, le sciento-artok bien connu de la seconde voix éclairée, notre source d’informations multi azimuts préférée.

Tacine : "En dehors de la Pater, existe-t-il un lieu interdit aux résidents."

BimBeduüm : "Oui, le Bunker."

Tacine : "Et que renferme-t-il ?"

BimBeduüm : "Un secret."

Tacine : "Un secret. Ce n'est pas vraiment dans l'esprit du Naviguant. N'est il pas plutôt un adepte de la transparence ?"

BimBeduüm : "Oui, mais le Bunker est là pour agir comme moteur de notre curiosité."

Illustration de Gabriel pour l'article Le Bunker

Tacine : "Humm… et comment cela fonctionne-t-il ?"

BimBeduüm : "Le Traceur cache en son sein un secret. Ce secret représente, ou plutôt explique, si il est trouvé, le Complexe C du Naviguant."

Tacine : "Intéressant. Mais pourquoi le cacher ? Notre Abram aurait-il honte de ce qu’il est ?"

BimBeduüm : "Non, bien sûre que non. Le Bunker est loin d’être inviolable. Au contraire, il invite à la découverte. Mais pour celui qui se prête au jeu de l’exploration, le chemin sera long, exigeant et semé d’embuches. Mieux connaître l'Abram devient passionnant, diablement addictif et au final boulversera durablement votre existence..."

Tacine : "On dirait, à vous entendre, un jeu. Un peu comme une chasse au trésor."

BimBeduüm : "Exactement, c’est tout à fait cela. Si vous persévérez  et allez jusqu’au bout du voyage, vous connaîtrez votre Traceur intimement et pourrez très certainement vous investir dans votre vie de résident ou de colon de façon plus absolue."

Tacine : "Et concrètement, comment cela fonctionne-t-il ?"

BimBeduüm : "Vous embarquez pour un long périple. Il vous faudra plus d’un cycle long dans la première vie, et une ou plusieurs existences dans la seconde."

Tacine : "Ah oui ! Tout de même ! C’est donc un acte déterminant dans notre réalisation ! Et c’est accessible aux Bio comme aux Métal ?"

BimBeduüm : "Oui, mais avec une approche à rebours pour les Métal."

Tacine : "Et que se passe-t-il en seconde vie ?"

BimBeduüm : "L’Abram vous invite à découvrir une simulation d’un monde que vous rêveriez d’explorer. Et vous rencontrerez une incarnation du Naviguant au sein de ce monde. Rapidement le Traceur vous propose d’explorer d’autres mondes. Vous avez à votre disposition une plateforme de transit pour passer rapidement d’un mondes à l'autre. Et rapidement vous vous lancez dans une enquête à la recherche d’indices susceptibles de vous éclairer sur la personnalité du Traceur."


Crédits : illustration de Gabriel